Et si on arrêtait de croire qu’on traumatise nos enfants à chaque petite erreur ? đđ
Bonjour Super Maman (oui, toi lĂ , qui lis cet e-mail en cachette entre deux lessives et dans lâespoir dâune sieste qui nâarrivera jamais đ), jâavais envie, aujourdâhui, de tâĂ©crire pour…
Bonjour Super Maman (oui, toi lĂ , qui lis cet e-mail en cachette entre deux lessives et dans lâespoir dâune sieste qui nâarrivera jamais đ), jâavais envie, aujourdâhui, de tâĂ©crire pour stopper un flĂ©au.
Oui, un flĂ©au carrĂ©ment. đâ
Et ce flĂ©au se prĂ©sente sous la forme dâune question. Une question que lâon sâest tout dĂ©jĂ posĂ©e :
đ Est-ce que je traumatise mon enfant avec mes petites erreurs du quotidien ?
Et quand je parle de « petites erreurs du quotidien », je parle de ces moments oĂčâŠ
đ tu lĂšves un peu trop la voix parce que tu nâen peux plus,
đ tu le laisses chouiner 2 minutes de plus que prĂ©vu parce que tu dois finir de remplir le lave-vaisselle (car vu ta fatigue, tu ne le feras pas plus tard đ ),
đ tu nâas tout simplement pas lâĂ©nergie de faire une activitĂ© Montessori, ou mĂȘme de lire un livre sans bĂąiller toutes les trois pages.
Eh bien, tu sais quoi, je lâai, la rĂ©ponse.
Câest : NON !
Non, tu ne traumatises pas ton enfant. Tu es juste humaine. Et ça, câest plutĂŽt une bonne nouvelle.
đ± Montessori, fatigue et vie rĂ©elle : un joyeux mĂ©lange
La pĂ©dagogie Montessori, on le sait toutes, renferme de nombreux bienfaits et bĂ©nĂ©fices pour nos enfants. On est dâaccord. đ
Mais voilĂ âŠ
âĄïž ta vraie vie, concrĂštement, ne ressemble pas Ă une salle Montessori ;
âĄïž ta vraie vie, câest parfois un salon jonchĂ© de Legos, un bĂ©bĂ© dans une Ă©charpe, un autre qui rĂ©clame du jus avec la ferveur dâun marathonien assoiffĂ©, et toi, coincĂ©e entre tout ça avec un cerveau en mode « veille » đ„±.
Et pourtant, tu fais de ton mieux :
â tu proposes lâautonomie,
â tu dis : âje vois que tu es en colĂšreâ,
â tu poses des limites fermes mais bienveillantes,
â toussa toussa.
Mais parfois⊠tu cries. Et parfois, tu tâĂ©chappes 5 minutes aux toilettes juste pour respirer.
Câest normal. Et tu nâes pas en train de crĂ©er un traumatisme chez ton enfant.
Câest dâailleurs ce que je tâexplique ci-dessous. đđ
đ§ Ce que disent les pros du cerveau (et pas ta voisine Monique)
On a tendance Ă utiliser le mot âtraumatismeâ un peu Ă toutes les sauces aujourdâhui. Mais la vĂ©ritĂ©, câest que les neurosciences affectives sont formelles :
Ce qui construit un enfant, ce nâest pas la perfection. Câest la rĂ©pĂ©tition des liens sĂ©curisants.
đâ Un lien dâattachement fort et stable ne se brise pas parce que tu as oubliĂ© dâacheter les biscuits bio ou que tu as mis un dessin animĂ© un peu trop longtemps un mercredi aprĂšs-midi.
đâ Il se construit dans la durĂ©e, dans ta capacitĂ© Ă revenir vers ton enfant, Ă lâĂ©couter, Ă le rĂ©parer quand tu sens que tu as un peu dĂ©bordĂ©.
đĄ Câest ce quâon appelle âla rĂ©parationâ : quand tu dis : âje suis dĂ©solĂ©e, maman Ă©tait fatiguĂ©e, ce nâĂ©tait pas contre toiâ. Tu nâeffaces pas lâerreur, mais tu lui donnes un sens. Et câest ça qui construit la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure de ton enfant. â€ïžâ€ïž
đŽ La fatigue maternelle nâest pas une maltraitance (tiens, je le verrais bien Ă©crit sur une pancarte ça)
Oui, tu es fatiguĂ©e. Et cette fatigue, elle est lĂ pour une raison simple : Ă©lever un petit humain. Câest un boulot Ă plein temps, sans pause, sans RTT, avec des horaires illĂ©gaux.
Tu nâas pas besoin dâĂȘtre joyeuse H24. Tu peux aimer ton enfant de tout ton cĆur et vouloir quâil aille jouer ailleurs juste cinq minutes. Tu peux avoir des journĂ©es âmoins Montessoriâ sans que cela annule toutes les autres.
Et ton enfant ? Il ne compte pas tes erreurs comme des points dans un tableau imaginaire. Il compte la chaleur de ta main, la constance de ton regard, lâamour dans ta voix, mĂȘme quand elle tremble un peu. â€ïžâ€ïž
đ La peur du traumatisme : une petite chenille envahissante
Cette peur de traumatiser, elle vient souvent dâune bonne intention : tu veux bien faire.
Tu veux ĂȘtre cette mamanâŠ
-
douce,
-
présente,
-
Ă©veillĂ©e Ă 100%âŠ
Sauf que tu es une maman réelle, et donc, une maman avec ses limites.
Et devine quoi ? Bonne nouvelle ! Câest exactement ce dont ton enfant a besoin : une maman imparfaite, mais authentique. Qui fait de son mieux, qui apprend, qui sâajuste.
âš Ce nâest pas ta petite impatience du mardi matin ou ton manque dâenthousiasme pour les perles Ă enfiler qui va dĂ©clencher une blessure existentielle.
âš Ce qui compte, câest le climat affectif global : si ton enfant sait que tu es lĂ , mĂȘme quand tu rates une marche, alors, il est en sĂ©curitĂ©.
Un exemple pour illustrer tout ça ? Lâangoisse de sĂ©paration !
Lâangoisse de sĂ©paration est une pĂ©riode plutĂŽt mouvementĂ©e que traverse bĂ©bĂ© autour de ses 8/10 mois. Lorsquâil ne te voit plus dans son champ de vision, il a lâimpression quâil tâa perdu pour toujours.
Mais lĂ encore, pas dâinquiĂ©tude, mĂȘme si cela tourne vite Ă la crise de larmes pour lui. Il sâagit dâune Ă©tape normale du dĂ©veloppement, une preuve que ton enfant sâattache, quâil te reconnaĂźt comme sa figure de sĂ©curitĂ©.
Et ça, je tâen parle plus en dĂ©tail dans mon article sur lâangoisse de la sĂ©paration. đ€©đ€©
Tu y trouveras des explications simples, des conseils pratiques et, surtout, une bonne dose de bienveillance pour tâaccompagner dans ces moments parfois dĂ©chirants.
Allez, respire un bon coup. Tu nâes pas en train de traumatiser ton enfant. Tu es en train de lâaimer du mieux que tu peux, avec les moyens du jour. Et ça, câest plus que suffisant. â€ïž

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